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La Commanderie de St Rémy à Verruyes

eglise de St Remy

Le XIè siècle voit l'émergence d'ordres hospitaliers et militaires ayant pour but la défense des lieux saints et la protection de leurs pèlerins. En 1048 par exemple, est fondé le monastère et surtout l'hôpital Saint Jean de Jérusalem. D'abord desservi par des Bénédictins, ce dernier bénéficie de la création en 1099 de l'ordre des Hospitaliers de Saint Jean, sous l'impulsion de Godefroy de Bouillon et autres chevaliers téméraires. Ce nouvel ordre va essaimer dans toute l'Europe, se dotant même d'une compétence militaire, en particulier à proximité des chemins de pèlerinages. Ceux qui deviendront les chevaliers de Malte en 1530 portaient alors une robe noire, un manteau à pointe (ou une cotte d'arme rouge en temps de guerre) ainsi qu'une croix blanche à quatre branche sur la poitrine. Il faut les distinguer, à l'origine, des Templiers, qui avaient leurs propres établissements en Gâtine, à la Boissière ou encore à Gourgé (St-Georges-de-La-Lande).

Emergeant de l'épais brouillard de la Gâtine et de celui de l'histoire, une commanderie hospitalière est signalée en 1208, à Saint Rémy de Verruyes. Unissant plus tard ses forces avec son annexe de Clavé, elle connaîtra une croissance constante , nourrie des très nombreuses donations, possessions et privilèges (judiciaires entre autres) qui lui seront accordés par d'illustres protecteurs. Cette communauté possédait également deux maisons à Parthenay, dont l'une au faubourg Saint Jacques et la Commanderie de Lavausseau dans la Vienne qui était même une des dépendance de Verruyes. Qui plus est les biens des Templiers, après leur arrestation générale et leur long procès, seront attribués à l'ordre des Hospitaliers de Saint Jean au début du XIVè siècle.

Deux des commandeurs de Saint Rémy, à deux siècle d'intervalle vont lui donner une nouvelle jeunesse. Le premier Antoine CHARRON, dote l'établissement, en 1493, d'une nouvelle chapelle (l'un des derniers témoignages actuels de Saint Rémy). Le second DESBAND de Mareil, trouve la commanderie dans un piteux état et entreprend une cure de jouvence à partir de 1692 ( tant pour les bâtiments que les ornements). Si Saint Rémy a perdu un peu de sa splendeur passée (le pont levis et la maison du commandeur ont disparu en 1912, les autres bâtiments ont été remaniés), on reste toujours impressionné par l'apparence austère et massive de la chapelle, vision renforcée par la grosse tour d'angle à mâchicoulis et à bretèche. La finesse et le soin apportés au portail principal tranchent avec le reste de l'édifice, composé de trois travées et de lourds contreforts. Inscrite en 1926, elle a connu les revers d'une tempête en 1973. Des chirurgiens se sont portés au secours de la malade il y a une quinzaine d'année, sauvant ainsi ce rare témoin de l'histoire hospitalière en Poitou.

La chapelle Saint Rémy est l'une des deux de ce style qui reste en Poitou-Charentes avec celle située près de Châtellerault. Monsieur Georges BOBIN, ancien Maire de la commune et Conseiller Général est à l'initiative de nombreuses recherches de documents aux archives de Poitiers et sur l'ordre de Malte :

Le Commandeur François des Bans de Mareil a été inhumé sous la Chapelle. Il s'était installé à Saint Rémy en 1692. Pendant vingt huit ans il se charge de la restauration des bâtiments et laisse une abondante correspondance dans laquelle il fait état de la vie de la Commanderie. Saint Rémy fonctionnait en seigneurie et après la première croisade, récupérait des fonds pour financer le flotte du grand maître Pierre d'AUBUSSON grand maître de l'ordre.

La chapelle date de 1493. Le château a disparu en 1912. La voûte s'est effondrée et les clefs ont été offertes par les propriétaires de l'époque et entreposées au musée du Donjon de NIORT.